

Implantée à la lisière d’un boisé de plus de trois acres, la maison s’inscrit comme une fente dans le paysage, une brèche légère entre ombre et lumière.
Le concept naît d’un jeu de glissement entre deux volumes, dont les géométries variables génèrent des interstices habités. Ces espaces d’entre-deux deviennent des lieux de transition, des zones poreuses où le regard, la lumière et l’air circulent librement.
L’architecture s’ancre dans le relief tout en préservant sa continuité. Elle ne cherche pas à dominer, mais à accompagner la topographie, à laisser le terrain respirer.
À l’intérieur, l’organisation spatiale prolonge le dialogue avec la forêt.
Les espaces de vie s’ouvrent largement sur la canopée ; les pièces s’imbriquent autour de zones tamisées où la lumière se fait plus douce, filtrée par le feuillage.
Les transitions se vivent comme des respirations : une alcôve, un pas vers la terrasse, une percée vers le sous-bois.
La maison devient un refuge familier, un cocon intime où le rythme du jour et des saisons façonne la perception de l’espace.
La matérialité s’exprime dans la sincérité des éléments : le bois brut, le métal patiné, la pierre naturelle.
Leur juxtaposition crée une tension maîtrisée entre chaleur et rigueur.
Les surfaces métalliques reflètent les nuances changeantes du ciel, tandis que le bois, au fil du temps, se teinte des saisons.
La lumière glisse à travers les ouvertures, se diffracte sur les parois, et laisse au sol une mosaïque mouvante d’ombres et de reflets.
Le bâtiment devient un instrument de lumière, une architecture sensible, presque silencieuse, humble et simple qui révèle la poésie du lieu.
La Résidence de la Lisière est à la fois ancrée et flottante, enracinée dans son territoire tout en laissant place au vide, à la respiration.
Elle traduit la volonté d’habiter autrement : dans la proximité du vivant, dans la simplicité du geste, dans la justesse du rapport au paysage.
Une architecture qui ne cherche pas à s’imposer, mais à épouser le temps et la lumière.