

Sur deux niveaux, l’expérience s’organise avec une logique fluide. Le rez-de-chaussée, baigné de lumière, accueille le visiteur dans une atmosphère de partage, le café, la boutique, le foyer central. Les espaces s’enchaînent avec lenteur, ponctués d’ouvertures cadrées sur le paysage. En contrebas, le rez-de-jardin abrite les zones de soin : massages, hammam, sauna scandinave, bassins chaud et froid, salles d’exfoliation. Chaque espace s’ouvre sur des terrasses ou des sentiers menant à la forêt, prolongeant le rituel du corps par celui de la marche.
Les volumes dialoguent avec le site plutôt qu’ils ne s’y opposent. L’aile principale s’avance vers le lac comme un pont suspendu, tandis que l’aile du jardin s’ancre dans la terre. Cette tension entre ancrage et légèreté fonde le caractère du lieu. L’eau y circule librement : elle s’écoule des bassins vers la pierre, s’évapore dans la lumière, se condense sur les parois froides. Le son de sa chute devient la respiration du bâtiment.
Les pavillons extérieurs, disséminés à travers le domaine, prolongent l’expérience. On y marche lentement, entre le vent, la vapeur et le feu. Des terrasses s’ouvrent sur la forêt ; des foyers de pierre rassemblent les visiteurs ; le soir, les flammes répondent à la lueur du lac, et le spa devient paysage. L’architecture s’exprime dans la matière avant tout.
La pierre locale relie le bâtiment au sol, affirmant une assise minérale et stable. Le bois, brut, clair, parfois brûlé, réchauffe l’espace et raconte la forêt. La toiture métallique, patinée et fine, reflète les ciels mouvants des Laurentides. L’isolation en chanvre, produite dans la région, agit comme une mémoire végétale du lieu : un matériau vivant, respirant, issu de la terre même sur laquelle on bâtit.
Chaque choix est guidé par la cohérence et la durabilité. Aucune monumentalité : seulement la justesse du geste, la rigueur de la ligne, la poésie du détail. À l’intérieur, la lumière est matière. Elle se filtre à travers le bois, se diffracte sur la vapeur, se pose sur la pierre humide. L’air est tiède, dense, presque tangible.Le silence, lui, n’est jamais vide : il respire, il écoute.
Le Spa Scandina n’est pas un objet architectural, mais une expérience habitée. Une suite de moments suspendus où architecture, matière et nature fusionnent. Un lieu à traverser lentement, à ressentir plutôt qu’à contempler. Un refuge discret, un havre de paix au creux du bois, où la chaleur du sauna, le froid de la cascade et le calme de l’eau deviennent un seul et même souffle.